En Atelier              

     Par Marc REMY     

                                                                                                       


AITAREYA UPANISHAD

 

 

 

L’être de raison…

 complètement fêlé                         

 

A - RAISONNEMENT

Système tout à la fois philosophique et religieux, l’hindouisme  entreprend une investigation qui décrit le réel et ses illusions, discrimine les types d’objets, en particulier les objets sensoriels et psychologiques, pour décrire une autre part de l’être. Tradition orale, tradition écrite, il se réfère aux Védas.  En démystifiant la perception que nous avons du réel, l’hindouisme renforce la croyance dans l’âme et la métaphysique. En faisant un arraisonnement sur le destin spirituel de l’homme, il fabrique du religieux.

Aujourd’hui, agrandissant le minuscule et réduisant le majuscule, plus nous avançons dans l’élucidation scientifique des mécanismes de nos pensées, plus nous rejoignons ce que développait déjà l’hindouisme dans l’inventaire des objets de la pensée et de la cognition. Alors nous débouchons sur l’impasse du sens de nos existences. La subjectivité de notre intelligence embarquée, entretient-elle le leurre en nous confortant dans la  croyance de l’esprit, de son immatérialité, de l’existence d’une âme ou d’une destinée ?

L'investigation dans la connaissance de l'hindouisme préconise au duel " signifiant et signifié " une nouvelle instance, un ternaire, ce qui signifie pour nous. « Ce » étant le mouvement dans lequel nos sommes inclus, le mouvant de la matière qui organise les supports du vivant et de l'inanimé.

Comme l’écriture a besoin d’un média, un support pour fixer la parole, la pensée a aussi le besoin d’un support, un corps mémoire pour fixer les symboles. Ainsi comme les mots, reflets d’une fraction de la réalité, sont dans les  phrases les morceaux d’un miroir brisé, les corps humains ne sont-ils pas eux-mêmes, support mémoire d’un mot, les morceaux d’un autre miroir ? Pour une phrase qu’ils n’identifient pas et qu’ils ne comprennent pas !

Est-ce l’humain qui se met en relation avec l’univers par la pensée ou bien la pensée qui se met, par l’intermédiaire de notre corps, en relation avec l’univers ?  Qui abuse de l’un ou de l’autre ?

Il y a un double en nous ! Le corps sensible, miroir des fragments perçus aveuglement comme vérité, individualité qui s'illusionne par la loupe déformante de sa subjectivité sur une seule face de la réalité. Et le corps passeur, support sensible emprunté comme un costume, un vêtement très ajusté comme médium d'une autre réalité.

L’hindouisme et ses philosophies sont porteurs de ces spéculations. Je vous livre cette traduction d’une upanishad « Aitareya » qui décrit la genèse de notre participation au monde.


AITAREYA Upanishad

Traduite par M. Buttex 

D'après la version anglaise du Swami Gambhirananda  
Publiée par Advaita Ashram, Calcutta
http://www.les-108-upanishads.ch/aitareya.html  

 

 en pas à pas avec
 le PROLOGUE de l’évangile de JEAN  

et quelques commentaires

 

I-i-1: Au temps des commencements, il n'existait que le Soi absolu, et uniquement Lui. Il n'existait rien d'autre, de quelque nature que ce soit, qui puisse émettre une lueur. Le Soi pensa : « Je vais créer les mondes. »

 Prologue
1 Au commencement : le Logos
   Le logos est vers Dieu
   Le logos est Dieu

Dès lors qu'il s'agit d'origine ou de commencement, il faut de se poser la question du dédoublement, d'un avant et d'un après. Se tenir au plus près de cette origine, ce n'est pas en s'abusant sur l'histoire de l'origine, mais en percevant le commencement comme un état continu qui est tout simplement notre présent, l'onde de l'instant originel. Le Soi seul émet et porte les phénomènes. Il les relie entre eux, et la force, la lumière originelle c'est lui.

I-i-2: Il créa ces mondes, à savoir ambhas, marici, mara et apah. Ambhas (Feu) se trouve au-delà du séjour divin, celui-ci en étant le support. Marici est le ciel cosmique (Air). Mara est la terre. Les mondes situés en-dessous constituent Apah (Eau).

Prologue 
5
La Lumière luit dans les ténèbres,
  les ténèbres ne peuvent l’atteindre

La Lumière originelle pousse dans un flot les phénomènes, dans la matière organisée. C'est cela qui s'appelle " les ténèbres " en opposition à la lumière originelle. Notre esprit en tant que lui-même phénomène de la matière est dans les ténèbres, il ne peut comprendre totalement la Lumière. Les eaux primitives sont les assises de l'univers, la matière non organisée à l'état de repos. Les eaux entourent l'univers de toutes parts, les eaux au delà du champ lumineux du soleil sont la matrice du feu, comme celles qui sont en dessous, ici bas la matrice des phénomènes, l'océan primordial et chaotique dont l'homme est sorti.

I-i-3: Il pensa : «Voici donc les mondes. Je vais créer les protecteurs de ces mondes. » Il réunit une portion de (ce qui allait devenir) la forme humaine, et à l'aide de l'eau elle-même, Il se mit à façonner Virat.

 Prologue
3 Tout existe par Lui ? Sans Lui : rien.

Le Monde « fluent » est Ce qui nous porte, sans ce support c'est le néant. Le Non-étant est la matrice d'où naissent les mondes. Avec Lui, les protecteurs du monde, c'est à dire pour notre participation à la matière, les fonctions de certaines forces -appétits- cosmiques qui donneront les éléments pour satisfaire nos sens. La volonté de manifestation est-elle désir ?

I-i-4: Il délibéra sur l'aspect de ce prototype (Virat). Cependant, la bouche de Celui-ci (Virat) se descella, comme le fait un oeuf. De cette bouche, sortit la parole; de la parole, sortit le Feu. Les narines se descellèrent, il en sortit le sens de l'odorat; de l'odorat, sortit l'Air (Vayu). Les yeux se descellèrent, il en sortit le sens de la vue; de la vue, sortit le Soleil. Les oreilles se descellèrent, il en sortit le sens de l'ouïe; de l'ouïe, sortirent les Directions. La peau apparut; de la peau, sortit le système pileux et le sens du toucher; du sens du toucher, sortirent les herbes et les arbres. Le cœur prit forme; du cœur, sortit l'organe interne (manas, le mental); de l'organe interne, sortit la Lune. Le nombril se descella, il en sortit les organes d'excrétion; des organes d'excrétion, sortit la Mort. Le siège des organes de procréation se descella, et ceux-ci en sortirent; des organes de procréation, sortit l'Eau.    

 Prologue
4 De tout être il est la vie, la vie est la lumière des hommes.

La Matière La Matière animée est elle vivante ? Etre vivant, pour nous c'est ressentir. Que pourrions nous ressentir, s'ils n'existaient en écho à nos sens, des saveurs matérielles ? Le mouvement de la vie en nous-mêmes est la réception de tout Ce qui vit, à sa manière, dans la matière. Les sens sont les sondes qui recueillent du monde les fonctions de forces -appétits- cosmiques. Notre désir est il de notre propre volonté ?

I-ii-1: Ces déités, qui venaient d'être créées, plongèrent dans le vaste océan. Le Créateur, assujettit alors Virat à la faim et à la soif. Les déités Lui dirent alors : « Construis-nous une demeure, où nous resterons et trouverons notre nourriture. » 

 Prologue
6
Paraît un homme envoyé de Dieu, Iohanân est son nom.

Le nom Ioh-Anan, c'est Io, le divin et Anan, la grâce. Trouve nous une demeure vivante en correspondance à nos divinités. Un demeure où la beauté se donne, où la faim et la soif sont les moteurs du désir dans la recherche de la satisfaction des sens. Donne nous un être structuré, évolué dans lequel, où au travers duquel, nous, les divinités pourront manger la nourriture de toutes nos fonctions -appétits- cosmiques.
   

I-ii-2: Pour elles donc, Il créa une vache. Elles répondirent : « Cette créature ne nous convient certainement pas ! » Pour elles, Il créa ensuite un cheval. Elles répondirent : « Cette créature ne nous convient certainement pas ! ».    


I-ii-3: Pour elles, Il créa ensuite un être humain. Elles répondirent : « Celui-ci a belle apparence; vraiment, l'homme est une création de la Divinité Elle-même ! » Il leur dit alors : « Entrez dans vos demeures respectives. »

 

  Prologue

7 Il vient comme témoin pour rendre témoignage à la Lumière
             afin que tous  y adhèrent avec lui.

De tout son être, attester avec tous ses sens, son affectivité, ses capacités, ses potentiels que la Lumière existe. La responsabilité du témoin sera d'assumer la manifestation en lui de la Lumière et par sa participation -appétits- d'en faire le partage (cérémonie rituelle du sacrifice).

I-ii-4: Le Feu entra dans la bouche, sous la forme de l'organe de la parole; l'Air entra dans les narines, sous la forme du sens de l'odorat; le Soleil entra dans les yeux, sous la forme du sens de la vue; les Directions entrèrent dans les oreilles, sous la forme du sens de l'ouïe; les Herbes et les Arbres entrèrent dans la peau, sous forme de pilosité (c-à-d. du sens du toucher); la Lune entra dans le coeur, sous la forme de l'organe interne (Manas, le Mental); la Mort entra dans l'ombilic, sous la forme d'Apana (le prana qui a pour fonction de régler l’expiration). L'eau entra dans l'organe de génération, sous la forme de la semence.

 Prologue
8 Il n’est pas la Lumière mais le témoin de la Lumière.

Le rappel que l'homme ne fait que participer et ne peut être lui-même le soleil primordial, mais seulement le reflet des rayons, comme un miroir ou la lune qui reflète les rayons du soleil. 
Sacrifier, c'est participer à la faim et la soif cosmique ?

I-ii-5: Au Créateur, la Faim et la Soif demandèrent alors : « Construis-nous une demeure. » Il Leur répondit : « C'est parmi ces Déités que J'ai créées que vous trouverez vos moyens de subsistance; Je vous ferai réserver une part dans les portions que Je leur attribuerai. » En conséquence, quand des oblations sont portées à quelque divinité que ce soit, la Faim et la Soif sont réellement associée à celle-ci dans le partage de l'offrande.  
         

 

I-iii-1: Le Créateur délibéra : « Voilà donc les sens, et leurs Déités tutélaires. Il me faut maintenant leur créer de la nourriture. »

I-iii-2: Il délibéra au sujet de l'Eau. De l'Eau, ainsi agitée par la réflexion du Créateur, une forme évolua. Et la forme qui en fut l'aboutissement, était vraiment une nourriture.

I-iii-3: Cette nourriture, ainsi créée, se détourna et voulut prendre la fuite. Il tenta de la rattraper à l'aide de la parole. En vain !  S'il y avait réussi, l'humanité se serait substantée uniquement en parlant de nourriture !

I-iii-4: Il tenta de la rattraper à l'aide de l'odorat. En vain! S'il y avait réussi, l'humanité se serait substantée uniquement en inhalant des odeurs de nourriture !

I-iii-5: Il tenta de la rattraper à l'aide de la vue. En vain ! S'il y avait réussi, l'humanité se serait substantée uniquement en contemplant de la nourriture !

I-iii-6: Il tenta de la rattraper à l'aide de l'ouïe. En vain ! S'il y avait réussi, l'humanité se serait substantée uniquement en écoutant décrire de la nourriture !

I-iii-7: Il tenta de la rattraper à l'aide du toucher. En vain ! S'il y avait réussi, l'humanité se serait substantée uniquement en palpant de la nourriture !

I-iii-8: Il tenta de la rattraper à l'aide du mental. En vain ! S'il y avait réussi, l'humanité se serait substantée uniquement en évoquant de la nourriture !

I-iii-9: Il tenta de la rattraper à l'aide de l'organe de procréation. En vain ! S'il y avait réussi, l'humanité se serait substantée uniquement en éjaculant de la nourriture !

I-iii-10: Il tenta de la rattraper à l'aide d'Apana. Et il l'attrapa ! Car Apana est le dévoreur de nourriture. Cette énergie vitale que l'on sait être dépendante de la nourriture, où elle puise sa subsistance, est la partie de prana (L’énergie vitale) que l'on nomme Apana.


Prologue
9 Le Logos est la lumière véritable qui éclaire tout homme

La volonté du Soi, la véritable Lumière qui éclaire tout homme, venait dans le monde, pour donner de l'énergie sous forme de nourriture. L'énergie comme fonction primordiale. 

I-iii-11: Le Créateur délibéra : « Comment cette créature-nourriture peut-elle continuer d'exister sans Mon soutien ? » Il pensa : « Par laquelle des diverses entrées y pénétrerai-Je ? » Il pensa : « Si le discours est émis par l'organe de la parole, si l'odeur est perçue par l'odorat, la vision par l’œil, l'écoute par l'oreille, la sensation par le toucher, si la pensée est produite par le mental, l'acte d'inspirer puis d'expirer par Apana, l'éjaculation par l'organe de procréation – alors Qui ou Que suis-Je ? ».

Prologue
10 Il est dans le monde et le monde existe par lui,
               le monde ne le connaît pas

Le Cosmos, porte-t-il en son sein une parcelle du Soi ?  Tout ce qui constitue le monde, les forces, l'appétit, l'énergie dépendent du Soi. Mais le Soi est-il parmi le monde ? Transversal par le Logos, comment se manifeste-t-il dans le Cosmos ?

I-iii-12: Puis Il fendit la partie du crâne (siman) où se fait la raie de la chevelure, et Il pénétra par cette ouverture. Cette ouverture est appelée Vidriti, la soudure ou la suture de la tête (littéralement la fissure), et c'est également le lieu de la félicité. Du Créateur, trois demeures restent en la créature humaine – trois états de conscience [durant la  veille, Il demeure dans l'œil; durant le rêve, Il demeure dans le mental (Manas); durant le sommeil profond, Il demeure dans l'éther du cœur]. De chacun d'eux, l'on peut affirmer : « C'est une demeure du Soi. »

Prologue
11 Il vient chez lui, les siens ne le reçoivent pas

L'homme reste au pied de la lettre de la matière. Il ne perçoit pas la volonté du Soi, la véritable Lumière qui éclaire tout homme. Lorsqu'il connaît le logos, c'est par l'intelligence, le savoir, mais il ne réceptionne pas, grâce pour grâce, pour le partage de ses facultés…en fraternité avec le Divin ?

Prologue
12 Mais à tous ceux qui le reçoivent, il donne d’être enfant de Dieu

I-iii-13: La créature humaine une fois née et achevée, le Créateur manifesta toutes les autres créatures; car savait-Il penser à autre chose ou parler d'autre chose ? Il réalisa que ce Purusha est Brahman, le plus omniprésent de tous les êtres, et Il le contempla.

 I-iii-14: En conséquence, le nom de ce Purusha est Idandra (“Je l'ai contemplé”). Il est vraiment connu sous ce nom d'Idandra. Néanmoins, on Lui donne l'appellation indirecte d'Indra (dieu védique équivalent de Zeus); car, en vérité, les Dieux aiment à recevoir des appellations indirectes.  

 

II-i-1: Chez l'être humain, c'est l'âme qui est conçue en premier. La semence humaine est extraite de tous les membres, elle en est la vigueur. L'homme porte ce Soi (virtuel, à l'état séminal) dans son propre Soi. Quand il le répand dans l'intimité de son épouse, c'est alors qu'il le procrée. Et c'est la première naissance du Soi humain.

 

II-i-2: Ce nouveau Soi engendré ne devient pas étranger à la femme (qui le porte), pas plus que ne lui sont étrangers ses propres membres. Par conséquent, ce fœtus ne lui cause aucun tort. Elle nourrit de sa propre substance ce Soi de son époux, qui s'est installé dans sa matrice.

 

II-i-3: Elle, la nourricière, il devient alors convenable de la nourrir. L'épouse porte l'embryon humain jusqu'à sa naissance. Le père, lui, protège son fils dès le tout début, et aussitôt après sa naissance. Ce faisant, il protège simultanément son propre Soi, au bénéfice de la perpétuation des mondes. Car c'est ainsi qu'est assurée la perpétuation des mondes. Et cela constitue la seconde naissance du Soi humain.

 

II-i-4: Ce second Soi qu'il possède (à savoir, son fils) devient un substitut du père dans l'accomplissement des actes pieux. Puis cet autre Soi que le fils possède (à savoir, son père), ayant atteint le terme de ses devoirs et pris de l'âge, prend le départ (meurt). Aussitôt sa mort achevée, il prend de nouveau naissance. Et c'est alors la troisième naissance du Soi humain.

Prologue
13 Engendré ni du sang, ni de la chair, ni d’un vouloir d’homme,
              mais de Dieu. 

Ne sommes-nous pas seulement les enfants de la filiation, de notre espèce, ni du Cosmos, mais du Soi créateur des mondes ?


Prologue
14 Le logos a pris chair, il a fait sa demeure parmi nous

Le Soi s'est façonné un monde, une terre, un corps cosmique et corps réceptacle en l'homme, une condition humaine dans laquelle il a pris chair et dans le quel (le monde) se reconnaîtront toutes les formes du vivant.

II-i-5: Ceci fut attesté par le voyant : « Alors même que je reposais dans la matrice, je parvins à apprendre la naissance de tous les dieux. Une centaine de citadelles d'acier me tinrent en échec. Alors, sous la forme d'un faucon, je me forçai un passage à la force de ma connaissance du Soi. » Vamadeva, le voyant, prononça ces paroles alors même qu'il reposait encore dans la matrice maternelle.

II-i-6: Lui qui avait acquis une telle connaissance, devint identique au Suprême et atteint tout ce qui est désirable, alors qu'il était encore dans cette incarnation; et, ayant poursuivi plus haut son ascension après la destruction de son corps, il devint Immortel dans le royaume du Soi. Oui, il devint Immortel.

 

III-i-1: Qu'est Cela que nous honorons en tant que Soi ? Lequel de ces deux est le Soi ? Est-Il ce par quoi nous voyons, ou ce par quoi nous entendons, ou ce par quoi nous sentons les odeurs, ou ce par quoi nous prononçons des paroles, ou ce par quoi nous différencions les saveurs douces et aigres ?

III-i-2: Le Soi est le coeur (et le mental) dont il a été fait mention plus haut (cf. I-i-4 et I-ii-4). Il est la sensibilité, la gouvernance, le savoir séculaire, la présence d'esprit, la fidélité de la mémoire, la perception sensible, la force d'âme, la réflexion, le génie, la souffrance mentale, la mémoire, la résolution de s'informer de la vérité, les activités vitales, les rêves que l'on caresse, la passion, et encore d'autres choses. Tout ce qui précède est en vérité rattaché à la Conscience.

III-i-3: Et cette Conscience est Brahman, plusieurs degrés plus bas dans la manifestation matérialisée; Elle est Indra, Elle est Prajapati ; Elle est toutes ces divinités; et Elle est ces cinq éléments (terre, air, eau, feu, éther); et Elle est toutes ces grandes créatures, mais aussi ces petites, qui procréent et s'engendrent elles-même, car elles sont sexuées – à savoir celles nées d'un oeuf, d'une matrice, de l'humidité de la terre; également les chevaux, le bétail, les humains, les éléphants, ainsi que toutes les créatures qui se meuvent ou volent, et celles qui sont immobiles. Toutes ces créatures sans exception possèdent la Conscience, et c'est Elle qui leur donne leur réalité; elles sont toutes mues par la Conscience. La Conscience est l’œil de cet univers, et sa finalité ultime. La Conscience est Brahman.

III-i-4: Par la grâce de ce Soi qui est Conscience, Vamadeva, le voyant, poursuivit encore plus haut son ascension hors de ce monde, et ayant assouvi tous ses désirs dans les royaumes célestes, il devint Immortel. Oui, il devint Immortel.

Prologue
15 Iohanân lui rend témoignage, il crie : voici celui dont j’ai dit : 
 « Lui, qui vient après moi est passé devant moi,
 parce qu’avant moi il était »


Ce qui est l’origine, 
« tu es cela ».

Prologue
16 De sa plénitude nous avons tous reçus et grâce sur grâce

Notre plénitude, la participation à la Lumière du créateur, l’autre face en nous-même avec qui établir une relation de partage par  notre collaboration au Monde.

 

 

OM (AUM)

 

Zone de Texte:  Om est le plus important symbole religieux de l'Hindouisme, il signifie l'Esprit Cosmique. Il est le symbole le plus sacré, il est utilisé comme préfixe et parfois suffixe aux mantras et toutes prières hindous. Il est empli d'un message symbolique profond : il est considéré comme la vibration primitive divine de l'Univers qui représente toute existence, entourant toute nature dans Une Vérité Ultime.

 OMBRES ET LUMIÈRES

 Nous projetons sur la réalité nos souvenirs (différence entre souvenir et mémoire) la perception subjective d’une atmosphère trompeuse qui nous leurre car elle prélève de la réalité une illustration déformante.

Comment disséquer le corps de la réalité ? La peau de la matière protège d’une véritable carapace la vision que nous avons du monde.

L’association des symboles, la poésie, sont les procédés, les artifices qui peuvent nous servir à radiographier, pour voir à travers la peau de la réalité, le corps qui apparaît sur la pellicule de notre sensibilité. En jeu d’ombres et de lumières comme sur une radiographie pour s’enfoncer dans l’intériorité même de la matière, l’autre coté, pour reconstituer, ce que le fragment de miroir ne peut seul représenter, l’unité.

Beaucoup de fragments, de chair et d’os, pour exprimer la Réalité Ultime.

Marc REMY  

 

http://www.les-108-upanishads.ch/aitareya.html