En Atelier              

     Par Marc REMY     

                                                                                                       


ORIGINES de L'INDE

 

PEUPLEMENT

Première théorie

II millénaire avant JC des envahisseurs venus de l’ouest aux environs de la mer Caspienne (précédemment du nord, la Sibérie), s’installent dans la vallée de l’Indus. Ils se donnaient le nom d'Arya, qui dans leur langue signifie noble ou fidèle, appellation qu'ils partageaient avec d’autres peuples établies sur le plateau de l'Iran à la même époque. Leur langue (fortes similarités avec l’Avesta) était un ancêtre du sanskrit. Les langues indo-européennes y sont rattachées. A partir de ces études l’on assimile les Aryas aux Indo-européens. Ils se seraient mêlés  à la civilisation de l'Indus pré-existante, fouilles archéologique de cités très urbanisées de Mohenjo-Daro et de Harappa, apogée estimée au III millénaire av JC (points communs avec les Sumériens). Au début du Ier millénaire, ils conquièrent la vallée du Gange, jusqu'aux limites du plateau du Dekkan (carte en annexe) où ils refoulent les populations indigènes des ancêtres des Dravidiens.

 

 

Inde -> Sapta Sindhu, signifiant la terre aux sept rivières,

Sapta Sindhavah, le pays des « sept-Rivières »,d'où viennent les divers noms données à l'Indus, la province du Sindh arrosée par le grand fleuve, et finalement de l'Inde elle-même.

 

Deuxième théorie

La position des étoiles décrites dans certains Vedas correspondrait à la période autour de 3500-4000 ans av JC. La description d’un fleuve aujourd’hui asséché, Hakra, correspondrait au fleuve  Sarasvati décrit dans les Vedas. De plus il n’est pas fait mention dans les Vedas d’une quelconque migration d’un peuple à partir d’une terre d’origine. Le peuple  de cette civilisation se serait trouvé entre l’Indus et ce fleuve disparu (mis en évidence d’un lit asséché au Penjab) aux alentours de 1900 av JC. C’est cette modification qui entraîna le déclin de cette civilisation. En fait les habitants Aryas auraient tout simplement reflués vers des horizons plus hospitaliers.

 

 

 

Les partisans de cette théorie considère cette zone entre l’Indus et le Hakra comme la zone d’origine de tous les peuplements indo-européens ainsi que l’origine de toutes les langues indo-européennes.

Toujours est il que les Aryas imposent à toute la partie septentrionale de l'Inde leur langue, qui bientôt éclate en nombreux dialectes, leur religion, leurs rites, leur structure sociale fondée au départ sur un tripartisme:
·        les Brahmanes, classe sacerdotale,
·        les Kchatriya, classe militaire, 
·        les Vaisya, classe des producteurs.

Plus tard ce système se compliquera par la création de nouvelles classes, 
·        les shudras, les différents serviteurs (assimilation de populations non aryennes) 
et il se constituera en castes (varna = couleur) plus ou moins perméables

 

 

 

Les textes de la SHRUTI de l'Inde

Les Aryas transmettaient un ensemble d'hymnes, d'incantations, de formules rituelles, oralement depuis des générations, depuis l'époque où leur activité était pastorale. Ces " collections", généralement en vers, appelés Samhitâ, ont été réunies au cours des premiers siècles du ler millénaire av JC en quatre corpus, les Vedas. Le terme de veda signifie "savoir", ou, plus précisément, ce qui a été "vu " ou "entendu"…shruti, par les rishis, ce qui implique une révélation. Selon leur contenu, ils ont été classés en quatre ensembles.

Le Rig-Veda (Vid : savoir) "Savoir des strophes" - ou chants, le plus ancien est un recueil de 1 028 hymnes (sûkta). Bien que la plupart des divinités invoquées soient propres aux anciens Aryas, on y rencontre de nombreuses divinités appartenant au vieux fond de l'Inde, auquel ils ont fait des emprunts manifestes. La plupart d'entre eux sont attribués à des rishis des temps anciens, dont les noms nous ont été ainsi conservés.

Le Yajur-Veda décrit les rites, dont la plupart remontent à l'ancienne époque de nomadisme, et les formules sacrificielles destinées à les accompagner. On le divise deux le Yajur-Veda noir, le plus ancien, et Yajur-Veda blanc, révélé par le dieu Soleil Surya.

Le Sâma-Veda comprend 1810 versets, destinés à êtres chantés. On y trouve de nombreux emprunts faits au Rig-Veda.

L'Atharva-Veda, est un recueil d'hymnes, de prières magiques et de conjuration attribués à une famille de brahmanes descendant d'Arthavan, rishi mentionné à plusieurs reprise dans le Rig-Veda.

Les Vedângas "membres du Veda" les complètent et forment un ensemble de textes sanskrits rédigés entre les VI et IV siècles avant j.-C. Ce sont les six sciences des Védas, permettant une exégèse des textes sacrés. Ces sciences sont celles de la récitation et de la prononciation, la métrique et la prosodie, la grammaire, l'étymologie des mots et l'explication des phrases difficiles, l'astronomie, les sciences sacrées et le rituel.

Dans l'hindouisme, shruti est le nom donné aux textes considérés comme des révélations reçues par les rishis (sages) des temps les plus anciens. Shruti signifie en sanskrit le fait d'entendre, d'où "texte entendu" ou "texte révélé".

On s'accorde à penser que les Vedas sont les textes religieux les plus anciens au monde. Les Vedas sont considérés comme - Shruti - révélés par l'Esprit Suprême (ou Dieu) Brahman aux sages (rishi), tandis que les rishis étaient dans la méditation profonde. 

Les idées exprimées dans les Védas ont été, tout d'abord, traditionnellement transmises oralement de père en fils et de professeur à disciple. Par la suite, ces idées, qui circulaient depuis longtemps, ont été codifiées et compilées par un sage appelé Vyasa (littéralement, le compilateur). 

Sur la base d'indices internes et externes, les chercheurs ont avancé diverses dates pour l'origine du Veda, s'étendant approximativement de 5000 à 1500 av JC.











sûtras:
ce terme signifiant "fil", propose le fil de l'exposition d'une pensée ou d'une doctrine

mantras: Formule sacrée, récitée, censée matérialiser une divinité. Le mantra primordial est la syllabe Om. Formule sacrée, récitée, censée matérialiser une divinité.




Les VÉDAS, plusieurs interprétations

Les Brâhmanas, 
chacun des quatre Vedas ayant leurs Brâhmanas, l'interprétation des Vedas faites par les brahmanes, 

Les Aranyakas,
" textes de la forêt ", ensemble de textes eux aussi rattachés aux Vedas, de caractère ésotérique, réunissant des ensembles composites de mantras, de Brâhmanas et de sûtras.

Les Upanishads,
l'étymologie est de la racine sad (s'asseoir) et des suffixes upa (proche) et ni (bas), mettant en évidence le fait de " s'asseoir tout près " du maître afin d'écouter son enseignement secret. Les Upanishads possèdent un caractère ésotérique. Elles se sont développées en partie hors des milieux sacerdotaux


UPANISHADS Le Spéculatif 


Elles constituent le fond des Upanishads et ne s'enseignent plus uniquement au sein d'une caste, enfermé dans un formalisme sévère celle des brahmanes. Des kshatrya, sont mentionnés parmi les maîtres ainsi que des femmes qui prennent part aux " tournois " dialectiques organisés par les brahmanes (brahmodya). Les Upanishads manifestent une toute nouvelle liberté de pensée dans laquelle triomphe l'individualisme religieux, échappant à toute contrainte de caste. Néanmoins, quelque soit le milieu dans lequel se sont développées les plus anciennes Upanishads, leurs relations avec les écoles brahmaniques sont incontestables. Nombreux sont les brahmanes qui y apparaissent comme maîtres. C'est dans les écoles brahmaniques que se transmettait le savoir qui se trouve aux fondements des upanishads rattachées aux grands textes védiques.

L'aspect ésotérique des Upanishads est souvent marqué. Les maîtres se font longuement prier avant d'accepter de révéler leur savoir à un cercle restreint d'initiés. On a dénombré cent-huit Upanishads dites majeures, mais, en réalité, leur nombre est très supérieur et leur liste reste ouverte dans la mesure où tous les traités mystiques et ésotériques prétendant commenter les Védas peuvent entrer dans cette catégorie. 

Dans ce nombre, seules peuvent être prises en compte les plus anciennes, celles qui remontent à l'époque brahmanique et qu'on a pu dater entre le VIe et le IIIe siècles avant JC. Ce sont véritablement les Upanishads principales. 

La liste des Upanishads dites majeures figure 
dans la Muktika Upanishad. 

Elles se regroupent en :

12 Mukhya Upanishads 
les plus importantes

23 Sâmânyavedânta Upanishads 
La réalité suprême est Brahman

17 Samnâysa Upanishads 
Description l'état du renonçant samnyâsin

14 Shaiva Upanishads
La divinité suprême est nommée Shiva

08 Shâkta Upanishads
La divinité suprême est nommée Shakti

14 Vaishnava Upanishads 
La divinité suprême est nommée Vishnu

20 Yoga Upanishad qui décrit le yoga comme un moyen de parvenir à la connaissance

             Mukhya Upanishads

·        Ishâ (Ishâvâsya)
·        Kena
·        Katha (Kâthaka) 
·        Prasna
·       
Mundaka
·       
Mandukya
·       
Taittarya
·        Aitareya
·        Chandogya
·        Briadaryanak
·        Swetaswatara(Shvetâshvatara)
·       
Kaushitakî




Base commune des croyances

Ce qui pourrait être le plus commun à tout les Hindous est la croyance en Dharma (des fonctions et des engagements), Réincarnation (renaissance), Karman ("actions", signifiant une cause et son effet), et à un Moksha (libération) de chaque âme par une variété de chemins, tels que Bhakti (dévotion), Karma (action), Jñâna (la connaissance) et naturellement, Ishvara (le Dieu). La Réincarnation ou la transmigration de l'âme pendant un cycle de naissance et de mort, jusqu'à ce qu'il atteigne Moksha, est régi par le karman.

 








 

 

 

SHAKTI

Le pouvoir divin (ou l'énergie) de Dieu est incarné en une femelle ou Shakti. Cependant, le Dieu et l'énergie divine sont indivisibles, unitaires, et pareils.

BRAHMAN 

Il est considéré par les Védas comme la Réalité Ultime, l'Âme Absolue ou Universelle (Paramatman). Le Brahman est l'indescriptible, inépuisable, incorporel, omniscient, omniprésent, l'original, la première existence infinie, absolu, transcendant et immanent et l'éternel, et le principe ultime qui est sans un commencement, sans une fin, qui est caché dans tout et qui est la cause, la source, le matériel et l'effet de toute création connue, inconnue et pourtant arrivée dans l'univers entier. Le Brahman est vu comme un Esprit Cosmique.

ISHVARA 

Le Seigneur Suprême est pour les hindous plein de qualités favorables innombrables (Saguna Brahman). Il est omniscient, tout-puissant, perfectionné, juste, clément, glorieux, mystérieux, et pourtant plein d'amour. Il est le Créateur, le Dirigeant et le Destructeur de cet univers. Quelques-uns croient qu'il est infini et incorporel. Ishvara est aussi appelé comme Bhagavan en hindi moderne.

TRIMURTI 

C’est la trinité hindoue de Brahmâ, Vishnu et Shiva qui symbolisent les aspects créateur, conservateur et destructeur d'un même Dieu.

DEVAS

Ils sont dans la religion hindoue des entités célestes, des demi-dieux ou divinités, esprits, anges. Le féminin de deva est devî.  33 devas védiques incluent Indra (le roi des demi-dieux), Agni, Soma, Varuna, Mitra, Savitr, Rudra, Prajâpati, Vishnu, Aryaman et les Ashvins ; les devîs sont Sarasvatî, Ûshâ et Prithivi. La philosophie hindoue ne croit pas dans le concept central d'un Diable. Ce qui cause la malice est du à l'ignorance humaine et donc au libre arbitre de pécher.

 

Pour Advaita Vedanta

Selon cette philosophie et certains passages de la Bhagavad Gîtâ, des Upanishads et des Vedas; tous les devas sont les manifestations sous une forme mondaine du Seigneur Suprême Ishvara  perçu par l'esprit humain. Donc, ils sont les manifestations multiples de l'Un Brahman dans la sphère de conception de l'esprit humain. Pour adorer Îshvara, le passionné conçoit une forme anthropomorphique de Dieu dans son esprit pour l'adorer avec amour et dévouement. Le Rig-Veda dit : ekam sat vipra bahudha vadanti  “Le Vrai Dieu est Un, bien que les sages s'adressent à lui par des noms multiples”.

 

Pour Nyaya - Vaishéshika - Yoga

Selon ces philosophies, de certains vers de la Shruti et de certaines pensées Shaivites et Vaishnavites; les devas sont ces êtres-célestes immortels qui sont subordonnés au Seigneur Suprême (Îshvara), mais sont au-dessus des humains. Ainsi, ce sont des anges qui président au-dessus des forces de la nature et servent de médium, comme Hermès entre Dieu et le monde mortel. Ils ont été créés par Dieu, dont dérivent leurs pouvoirs, et c'est sous son contrôle qu'ils œuvrent

 

Pour Mimamsa  

Selon cette philosophie, tous les devas et devîs sont les souverains des forces de la nature et Dieu Îshvara n'existe pas. Pour faire en sorte qu'une action désirée soit réalisée, les humains doivent plaire à un ou plusieurs de ces devas et doivent les adorer avec des rites rigoureusement codifiés. Cette approche est celle que retiennent aujourd'hui quelques hindous issus des classes populaires, souvent analphabètes et superstitieux. C'est le plus souvent la seule vision, d’un hindouisme polythéiste, que retient le monde occidental

 

 

 

Histoire Universelle de la Philosophie - Flammarion  
L’INDE Georges  CHEMPARATHY

Les Upanishads majeures

Collection Sagesse et Spiritualités

Présentation de Guy Rachet Editions Sand

 

Charles MALAMOUD, Anthropologue,

Directeur d'Etudes en Sciences religieuses à l'EHESS, indianiste

France Culture les chemins de la connaissance

www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/
 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Inde/

http://www.inde-en-ligne.com