En Atelier              
Par Marc REMY       

Du Nadir… au Zénith

En dextrorsum dans le cycle du soleil nous avons accompli, grâce aux échos des rayons de lumière, une ascension qui nous mène au faîte de notre édifice. En empruntant les marches de l'étoile à cinq branches, ce déplacement vers le haut, rajoute deux dimensions à notre étoile. En s'enroulant autour de l'axe vertical inscrit dans l'escalier, nous rajoutons une nouvelle dimension. Comment s'inspirer de cette indication ?

 



Un carré long… pour évoquer le nombre d’or ?

Le carré est augmenté par le compas d'une proportion équivalente à 1,618 pour former le carré long.

 

 

Dans un rectangle d'or, l'extraction d'un carré de la plus grande taille possible valorise, par cette découpe, un autre rectangle d'or dans lequel à son tour cette même opération de réduction révèlera un nouveau rectangle d'or, et ainsi selon une série infinie ?

 


Extraire le carré puis l’élever au cube

S'inspirant de l'escalier en passant de l'horizontal au vertical, du nadir au zénith, élevons le carré extrait du rectangle d'or, en un cube en trois dimensions. Cette opération nous donne ainsi les futures proportions d'un parallélépipède (temple) dont la hauteur sera égale à la longueur d'un des côtés du carré extrait. 
 

Le pas de coté… qui fait le nombre d’or

Analogie au pas de côté du compagnon, l'arc du compas révèle la proportion. Lorsque le cube est élevé, il nous révèle un autre volume. Nous répèterons dans le plan vertical les mêmes opérations d'extraction que celles du carré dans le plan horizontal, valorisant ainsi en vertical les proportions complètes d'un parallélépipède aux proportions dorées.

Un pas de côté vertical !




Ce parallélépipède doré est-il,
comme le rectangle d'or, constitué d'une série de parallélépipèdes inclus en infinité ?


Un cube… un débir

Cette extraction verticale, révèlera à son tour un autre parallélépipède. Nous répéterons ainsi cette même extraction dans chaque nouveau parallélépipède révélé. De réduction en réduction, chaque cube révélé sera toujours le débir d'un parallélépipède antérieur. 

Une infinité de cube, comme de carré, pour rechercher le débir du centre ?

 


Dans le temple… un autre temple

C'est en regardant l'Orient qu'il faut extraire le premier carré. Puis à la perpendiculaire de ce premier carré, se trouve inclus un autre temple où le Midi devient l'Orient. Tour à tour, de pas en pas, de perpendiculaire en perpendiculaire, de temple en temple, chaque orientation relative passe d'un point cardinal à un autre point cardinal.
 

Il faut effectuer cinq pas en perpendiculaire pour se retrouver orienté comme au premier pas.

Dans chaque parallélépipède…
une marche

Chacun des symboles du parcours initiatique est un mystère qu'il faut découvrir ; une question qu'il faut se poser ; une marche qu'il faut franchir. A chaque pas, un mystère, un secret, un pli, et ne pas rester au pied de la lettre !


En reconnaissance, à l'aveuglette dans les voyages, fraternité du partage de cette expérience, la demande du mot de passe ? Manifestation d'un des premiers symboles cette question, cette demande, sera la clef de tous les futurs symboles du rituel, dont la vocation est la recherche de la partie cachée. 
Un rite.
                                                           ... ?
                                       C'est la demande du mot sacré

Chaque pas, chaque geste, chaque symbole est pourvoyeur d'un sens analogique ou poétique. Le rituel ne se révèle pas comme " vérité " définitive et orthodoxe, catéchisme du sacré, mais comme une méthode pour nous permettre de découvrir dans les symboles la partie inconnue, qui reste cachée (sacré). Le rite est un support pour cette initiation, cette recherche, pour trouver " Ce qui est à l'œuvre dans la question que l'on se pose ".

Fragment d’Héraclite
Ceux qui cherchent de l’or remuent beaucoup de terre et n’en trouvent que peu
 

 

                                                  Pour quoi…

" Pourquoi " est en tête des questions posées dès l'enfance par l'être humain. Pour comprendre le sens de notre existence dans le monde, face au vertige et à l'angoisse de l'immensité, l'adulte continue de rechercher une finalité à sa destinée. Mais n'est ce pas un palliatif pour se rassurer et conforter le système qui a besoin d'une illusion collective, plutôt que d'accepter l'inconfort du scepticisme initié par ses investigations ? 

                                                       Qu'est ce que…

Qu'est ce que ? Cette question produit, par son effort de discrimination, une explication qui segmente la visée que nous avons entre les objets de la pensée et ceux du monde matériel. Une couleur, le vrai, le bien, le beau, des idées, au delà des cinq sens ? La pensée se perçoit immatérielle, indépendante de la matière. Cette nouvelle substance en deçà du matériel, le monde des essences, occulte paradoxalement que c'est la matière qui métabolise la pensée, les idées et la conscience. Est ce que " le rite ", paré des " bonnes " vertus de la tradition n'accentue pas les certitudes métaphysiques en la croyance d'entités indépendantes ?
Une fabrique… spirituelle ? 

                                                               
A qui…

Sommes nous " créateur ", nous à qui la pensée signifie quelque chose ? La subjectivité émancipation de la pensée par elle-même permet-elle au médiateur, se croyant créateur, de déterminer avec certitude le caractère secret de l'indicible ouvert par le champ symbolique ? Les nouvelles métaphores qui nous éprouvent dans les processus à l'œuvre émergent-elles selon des règles, des " a priori " propre à l'espèce humaine ? L'investigation qui fait partie d'un métabolisme individuel et collectif, ne produit-elle pas une procédure, un protocole pour corriger les disproportions multiples de ses rituels collectifs ?

                                                               Par qui…

La puissance d'exploration du symbolisme, par qui et où s'exécute l'apprentissage des rapports, se substitue-t-elle aux voies classiques des idées reçues ? La force de cette remise en cause, s'apparente-t-elle à l'enquête généalogique (philosophie) qui recherche le processus par lequel s'exprime les conditions spécifiques d'un système économique, religieux, social, psychologique. Elle altère parfois la sérénité d'un espace académique en valorisant, dans les recoins de ces univers pliés par la tradition, les rouages cachés, parfois les stratégies de manipulation, les effets de soumission. Cette investigation évalue les procédés inconscients qui jouent dans les différents systèmes sociaux.

Un équilibre harmonieux à trouver pour générer de nouvelles voies d'interprétation des symboles… dans la tradition ?

                                                                 Quel…

Transgresser, vivre les contraires nous amène parfois au bord de l'abîme. La découverte d'une possible autonomie de la pensée amplifie le vertige d'être sans limites. Cette déstabilisation, dans quel espace de tolérance pouvons nous la déployer ? Quelle société, quel rituel pour intégrer le tracé d'une méthode pour se guider, où nos propres pas suffiraient pour cheminer ?

                                                             Comment…

Comment la recherche du mot de passe, clef échangée, constitue-t-elle la clef voûte de l'engagement dans la fraternité ? L'architecture formée par deux mains tendues l'une vers l'autre se maintiennent-elles ou se soutiennent-elles dans la recherche d'un espace, d'un champ perpétuellement à reconstruire, celui de nos alliances ?

                                                                    
… ?

                                  

 

                                                Pas de côté…

 

Méridien

Je recherche également, puisque à nouveau, j'en suis au début, les liens de ma provenance, je les recherche d'un doigt mal assuré parce qu'anxieux, sur la carte - carte d'enfant à dire vrai, la seule que je possède. De ces lieux, aucun ne se laisse situer, ils paraissent absents, mais je sais où, à cette heure, ils doivent surgir finalement et... je découvre quelque chose.

S… bboleth

Je découvre quelque chose qui me décharge, pour une part, de m'être en votre présence enfoncé dans cet impossible chemin de l'Impossible. Je découvre ce qui lie et finalement amène le poème à la rencontre. Je découvre quelque chose - à l'instar de la parole - immatériel mais terrestre, de ce sol, chose ayant forme de cercle, et qui, passant de pôle à pôle, fait sur moi retour et intersecte - posément - tous les tropes : Je découvre... un Méridien

                                                                Paul Celan

 

La spirale... un méridien

Le débir en forme de cube dans le quel se trouve exprimée (matériellement absente) la trajectoire d'une courbe qui constitue le parcours de cet initié entreprenant de gravir certains degrés, sur un parcours toutefois de plus en plus exigu (exactement pesé).

Naissance... en devenir

Dans la carrière du jour s'établit par le souffle lumineux qui provient des trois fenêtres une courbe lovée dans le temple.

Le début d’une planisphère…

le dodécaèdre

pour évoquer le cinq de l’étoile, une mosaïque dans les trois dimensions du voyage du pèlerin

Fragment d’Héraclite

- La multitude des gens ne pensent pas les choses telles qu'ils les rencontrent. Même instruits d'elles, ils ne les connaissent qu'en apparence

 

 

 

Retrouver l'esprit caché sous la lettre.

Un effort doit être entrepris dans notre temple, pour apprécier le monde en plusieurs dimensions. Dessiner un triangle équilatéral avec trois angles droits n'est possible que sur une surface courbe, en trois dimensions, une planisphère intérieure, terrestre ou céleste, pour passer de ce que l'on croit savoir à ce que l'on sait reconnaître.


 Marc REMY