En Atelier              

     Par Ange TORRE     

                                                                                                     


SAVOIR ET CONNAISSANCE

 

A mon fils Joseph

   

 

De l'arbitraire...

Ces deux vocables font respectivement l’objet de définitions diverses et souvent contrastées. J’opterai pour des définitions arbitraires.

 

Savoir

Je dis de « savoir » que c’est l’ensemble des productions symboliques que les hommes ont constituées cumulativement et par rupture inventive depuis l’origine pour tenter d’interpréter le monde dans lequel ils vivent, de la naissance à la mort. Le savoir constitue des mémoires dont la vérité, qui dépend d’un espace-temps, est relative. A partir de ce fond de mémoires, la pensée, qui guide nos actes, n’est jamais neuve, et fournit souvent à nos raisonnements, à notre logique ordinaire, des prémisses fausses ou d’un autre temps. Voyons comme les vulgates ont la vie dure.

Le savoir est de l’ordre de l’opinion, adhésion de l’esprit n’excluant pas toute crainte d’erreur. Le rapport au savoir est déterminant devant les dangers de l’aveuglement dogmatique ou sectaire. Scientifique ou global, le savoir s’appuie toujours sur du déjà-connu et ne se renouvelle que par rupture inventive ou rupture intuitive.

Connaissance

Dans sa définition traditionnelle, la connaissance est une croyance vraie et justifiée, qui s’exprime dans la mise en relation d’un sujet et d’un objet par le truchement d’une structure opératoire, simple (« la truite est un poisson ») ou complexe (« les corps s’attirent en raison directe de leur masse et … »).

On distingue, sous divers paradigmes, trois ordres de connaissance. J’indique pour mémoire, dans la doctrine de Saint-Bonaventure, théologien chrétien du XIIIème siècle et disciple de Saint-Augustin, la version religieuse  des « trois yeux de la connaissance », que je mentionnerai pour l’analogie, dans le paradigme ci-après, à savoir :

L'oeil de chair

l’ordre de la connaissance du monde physique (« l’œil de chair »), fondée sur la rationalité scientifique à partir des perceptions naturelles ;

L'oeil de raison 

l’ordre de la connaissance du monde mental (« l’œil de raison »), fondée sur le jeu des images, des concepts et de leur logique propre ;

L'oeil de contemplation 

l’ordre de la connaissance du monde numineux (« l’œil de contemplation »), qui relève d’une vision pénétrante de ce qui est.

Selon Ken Wilber (« Les 3 yeux de la connaissance », ed. Le Rocher), l’œil de chair ne peut interpréter ce qui se passe dans l’œil de raison, ni ce dernier dans l’œil de contemplation, mais l’œil de contemplation, ouvert sur la finalité de la vie, rôle que jouent nos mémoires par exemple, peut comprendre les deux autres et interpréter le monde.

De numineux  

Du latin « numen » : volonté divine, puissance agissante de la divinité

Dans notre problématique maçonnique, il s’agit de s’élever à la connaissance du monde numineux. C’est la connaissance expérientielle d’une réalité inconnue. Elle implique un sujet, une personne, qui naît à ce qui est autre, à soi-même et à l’univers. Elle demande à celui qui la recherche de l’intégrer à la totalité de son être, et de l’éprouver par sa capacité à la redonner. Elle est indissociable de la notion de choix, et de l’évolution qu’elle va générer. Cette connaissance n’est pas irrationnelle en ce sens qu’il s’agit du choix d’un regard que l’homme porte sur le monde.

A noumène

Emmanuel KANT en a tiré le « noumène ».

Dans « La critique de la raison pure », Kant oppose le phénomène, objet d’expérience du monde sensible, objet du réel en tant qu’il affecte nos sens, et qu’il est pensé par notre entendement, et le noumène, corrélatif du phénomène, et qui est « la chose en soi ».

« Reconnaissons, dit-il, que les phénomènes de la nature ont comme fondement une chose en soi, bien que nous ignorions comment elle est constituée ».

Nous mêmes « choses en soi »

Le concept de chose en soi est négatif (nous savons ce qu’il n’est pas) et problématique (il ne peut être qu’une supposition nécessaire). En appelant la chose en soi « noumène » (être intelligible), on admet qu’elle serait l’objet d’une pure intelligence, s’il en existait une. « Il y a donc, dit Kant, un champ illimité pour notre faculté de connaître : le champ du supra-sensible. »

Le champ sensible 

Selon cette théorie, il y a, au-delà du domaine de l’intuition sensible, au-delà du champ de l’intellect et de la raison, le champ du supra-sensible, illimité, mais en même temps inaccessible par notre faculté de connaître prise dans son ensemble. Ce champ, domaine du concept de la liberté, nous devons le remplir d’idées, mais nous ne pouvons donner à ces idées qu’une réalité pratique. Voilà qui intéresse notre projet fondamental : par-delà l’intellect et la raison, joindre le numineux et le remplir de nos idées auxquelles nous donnons une réalité pratique.

Du supra-humain 

Sur le modèle de supra-sensible, nous formerons supra-humain (ou sur-humain, comme on dit sur-réaliste), supra-individuel (plutôt que « supérieur ») : dans le monde supra-sensible, nous ne sommes plus dans la dualité, mais dans l’indifférencié, et dans l’universel.

Lorsque nous parlerons de dépassement de soi, ou de transcendance, il faudra entendre qu’il s’agit du passage du monde sensible au monde intelligible. C’est à savoir effectuer ce voyage, du savoir matériel à la connaissance spirituelle, que la Franc-Maçonnerie nous initie.

 

 

LE PROJET de la FRANC-MACONNERIE

Le rituel de l’initiation au 1er degré nous donne une idée juste du projet fondamental de la Franc-Maçonnerie, et ce en trois temps.

La mort symbolique

VITRIOL, ou l’épreuve de la terre. Patrick Négrier (« Les symboles maçonniques d’après leurs sources ») explique que l’expression se trouve dans un livre du VIème siècle dont le contenu s’inscrit dans le contexte de la culture biblique, avec références à l’Apocalypse de Jean (4, 2.3). La métaphore de « la pierre cachée dans la terre » désignerait l’ésotérisme des deux premiers chapitres de la Genèse décrivant la création du monde, la « rectification » représentant le nécessaire travail d’interprétation du sens caché. Associée, dans le cabinet de réflexion, à Persévérance et Vigilance, la formule invite au voyage intérieur : rechercher, au plus profond de nous-même, la source de la création et de la vérité, afin de reconstituer l’homme à partir du sacré.

A mes yeux 

dans VITRIOL s’exprime l’amour, indissolublement, de la mort et de la création.

Les voyages purificateurs  

Vont suivre les épreuves de purification. Les yeux bandés, le néophyte est accompagné de maîtres qui l’aident à se dépouiller totalement des « savoirs trompeurs », et lui donnent connaissance des principes fondamentaux de la Franc-Maçonnerie, en même temps qu’ils lui expliquent le sens symbolique de ces voyages éprouvants. Le néophyte est sans relâche interpellé dans son être tout entier. Le parcours purificateur accompli, il prête le serment solennel de fidélité à la Franc-Maçonnerie et reçoit la Lumière. Le serment, c’est la raison qui fait le choix du cœur.

La deuxième naissance...

Projet d'un voyage ?

En quoi cette cérémonie donne-t-elle une idée juste du projet fondamental ?
VITRIOL invite au voyage intérieur. La mort à l’intelligence profane libère le numineux des savoirs trompeurs et le purifie : la qualification requise est mise au jour.

Vibration 

L’individu ne peut développer que les qualités qu’il porte en lui dès l’origine. Ces qualités, ou possibilités, sont incluses dans la potentialité, le chaos matériel, où il n’est rien de différencié. Pour que le chaos commence à prendre forme et à s’organiser, que la qualité requise se dégage du potentiel, il faut qu’une vibration initiale lui soit communiquée par les puissances spirituelles, les Elohim de la Genèse (« Sept la rendent juste et parfaite »). Nous avons vu qu’avant de donner la Lumière au néophyte, les Maîtres de la Loge, tels les Elohim, ont concentré en eux l’énergie de la Loge, l’égrégore.

Cette vibration, c’est le Fiat Lux, qui illumine le chaos, et qui est le départ nécessaire de tous les développements spirituels ultérieurs.

Illumination spirituelle

L’illumination est la transmission de l’influence spirituelle. Dès lors, les possibilités spirituelles ne sont plus la simple potentialité. Elles sont devenues une virtualité prête à se développer dans les divers stades de la réalisation initiatique : c’est la deuxième naissance, point de départ de l’essence. C’est au moment de la transmission de l’influence spirituelle (au 3ème coup de maillet) que s’opère le rattachement à l’organisation traditionnelle régulière (le mot « régulière » est répété deux fois dans la cérémonie), dépositaire de l’influence spirituelle et de la connaissance initiatique (je te crée, te constitue, te reçois), ici la Grande Loge de France, au Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Ignorance de soi

Mort à l’intelligence profane, l’être est rendu à l’ignorance fondamentale, au non-savoir : c’est l’état primordial de l’apprenti. Il est conscient de son ignorance, et son serment atteste que l’amour de la lumière est en lui, vivant et dynamique. Dans le numineux purifié, sa personnalité va pouvoir se reconstituer à l’occasion de son travail en Loge où il bénéficiera de l’influence spirituelle qui lui permettra de progresser sur le chemin d’une connaissance basée sur une analogie du connaissant et du connu, la connaissance de soi.

 

 

LE TRAVAIL EN LOGE

« le silence est toujours neuf »

Minerai en soi

Au cours de la cérémonie d’initiation au premier degré, les Maîtres ont expliqué clairement au néophyte ce qu’est la Franc-Maçonnerie, sa nature, sa fonction, son projet. L’amour, la fraternité, la tolérance, tout cela a été dit en « langage humain » et saisi intellectuellement. Le néophyte a reçu un savoir nouveau, une connaissance initiatique théorique. Nécessaire, certes, un peu comme l’aurait été un livre. Il doit maintenant passer à la connaissance initiatique effective, c’est-à-dire non pas saisir une connaissance mais « se saisir » dans une connaissance. Cela se fera par des moyens nouveaux, dans un monde nouveau, représentant partout une nouvelle naissance, et dans lequel, ayant renoué avec l’état primordial, il pourra développer des possibilités d’ordre supérieur. Entendons par primordial ce qui est premier non dans la chronologie mais dans la hiérarchie des valeurs.

Sur réel

Le but de l’initiation est de dépasser l’état individuel (dualité indivise) et de rendre effectivement possible le passage aux états supra-individuels, afin de conduire l’être non seulement au-delà du déjà-connu, mais de tout état conditionné quel qu’il soit :

Meurs aux préjugés du vulgaire !

Meurs à l’intelligence profane !

On considère en effet que l’être, qui se manifeste en tant qu’être humain dans un certain état, a en lui les possibilités d’autres états, sans cesser d’être un être humain bien entendu. Nous dirons qu’il est alors, dans un tel autre état, supra-humain, ou sur-humain, comme on dit sur-réaliste. La réalisation initiatique est purement intérieure, ésotérique. Il ne s’agit nullement d’une sortie de soi, d’une quelconque extase.

Ordre d'un commencement

La réalisation initiatique est soumise à des conditions. L’initié doit être « qualifié », actif, « homo viator », et surtout rattaché à une organisation traditionnelle régulière, inscrite dans une succession : les Francs-Maçons se créent entre eux, de vivant à vivant, de la main à la main, de la bouche à l’oreille, et ce depuis des temps immémoriaux. Nous sommes tous nés du même jour, du même ordre, du même ordre du jour.

Adhésion d'une influence

La transmission initiatique s’effectue par la transmission d’une influence spirituelle émanant d’une organisation qui en est dépositaire. L’efficacité du rite dépend de l’adhésion totale à la forme traditionnelle. C’est l’adhésion à l’idée qu’il y a dans l’influence à transmettre, une influence non-humaine, s’exerçant dans un monde auquel ne s’appliquent pas les conditions de temps et de lieu qui définissent les faits historiques comme tels. Le savoir initiatique inverse le sens du savoir profane. C’est que la vie biologique et la vie spirituelle sont orientées en sens contraire.

Dans le silence de la transmission

Nous sommes nés du Fiat Lux, transmission de l’influence spirituelle, selon le mythe de la création du monde par les Elohim. Nous sommes nés porteurs d’un capital génétique constitué au cours des épreuves de gestation. Dans la tenue, rupture temporelle, nous allons recommencer, et réaliser, dans la métaphysique effective, par des moyens non-humains, notre projet téléonomique. Nous allons nous réaliser, dans le silence du rituel, qui est vision : voir plutôt que raisonner.

Avant de dire ce qu’il en est du rite, précisons que la connaissance métaphysique, qui est d’ordre universel, ne serait pas possible s’il n’y avait dans l’être une faculté du même ordre, transcendante par rapport à l’individu, et que Kant, qui récuse la notion d’intuition de l’esprit, appelle la « pure intelligence ».

Le rite et le rituel

« Dans le rite, la perfection de la conduite humaine »

Le rite est déploiement d’une parole par les moyens non-humains qu’implique la transmission de l’influence spirituelle. Il nous met en contact avec le numineux, nous conduit à nous saisir dans un ordre. La communication qui s’établit n’est pas forcément consciente. Sa mise en œuvre ne laisse place à aucune fantaisie : le rituel se déroule en perfection, la perfection de la conduite humaine, dans la réalisation d’une œuvre ordonnée à la gloire du Grand Architecte de l’Univers et à la Loi morale.

Le rite comporte un sens symbolique. La parole qu’il déploie est celle du mythe, qui est l’histoire de notre naissance. Du symbole proprement dit, je donnerai cette définition : « une révélation sensible de l’esprit en liberté ». Mythe et rite sont des modalités du symbolisme.

Le mythe

Sans le mythe, le rite n’aurait pas de contenu, pas de sens. Il ne serait que comédie mondaine, celle du club par exemple. Le rituel met le mythe en action, et le fait sans le dire. Son et lumière, lumière et silence : la lumière est vision. Le savoir, dans cet ordre, ne transite pas par le mental ; il devient connaissance directe. Sous cette forme, le mythe retrouve son sens originel, un sens perdu dans la mythologie grecque, où il est récit littéraire et historique, visant autant à plaire qu’à instruire.

A la racine du récit

A la racine du mot grec muthos, il y a mu, bouche fermée, silence ; qui donne le verbe muein, se taire, et mueo, instruire sans paroles, consacrer (transmettre une influence spirituelle par le rite).

Récit, le mythe est un moyen d’exprimer l’inexprimable des choses : il dit ce qu’il dit ; en même temps, il veut dire autre chose. Il faut le vivre au 1er degré, laisser venir, sans chercher à traduire au fur et à mesure ; le vivre, rituellement, en dehors du mental, dans le non-agir. Le mythe est une parole, mise en action par le rite : garder le silence tout en parlant. Le rituel est le silence qui fixe la connaissance dans le strict champ du mythe.

Les symboles

Ce qui donne sens au symbole, c’est le geste qu’il fixe. Notre geste fondamental ainsi fixé, c’est notre foi : le rejet du néant et du désespoir, l’affirmation de la primauté de l’esprit sur la matière, la mise en perspective de notre conduite par rapport à l’univers, la croyance en la perfectibilité de l’homme.

 

FIAT LUX, ORDO AB CHAO

« L’amour, comme la rose, est sans pourquoi »

Comme vous, mes frères, j’ai tout quitté pour suivre une étoile ; comme vous, je suis né de la nuit. Là où règne la nuit, l’étoile est souveraine.

Nuit, en mesure

La nuit, pour nous, c’est la grande question.

Faire être la lumière, c’est d’abord faire être la nuit, lorsque l’ego s’affaiblit. C’est l’instant où l’étoile vient à l’être. Que sur ce point lumineux, l’attention se fixe, se prolonge, croisse en intensité, continûment, sans le moindre regard en arrière, alors, dans l’ego délité, la nuit progresse, descend, non pas la nuit des peurs ou des dangers, mais la nuit que l’on aime, celle de Baudelaire, « la douce nuit qui marche ». Alors, dans la même mesure, le même mouvement, la lumière s’étend, gagne les profondeurs, jusqu’au séjour divin, la paix des profondeurs. Je me prolonge dans l’autre. La lumière se mesure à l’autre qui grandit, dilatation de l’être, à lui-même et à l’univers. Soi et l’univers, dans cet état de l’être, c’est une même chose.

Midi, juste

Faire être la nuit, c’est donc détruire l’ego, détruire en soi tout état conditionné, quel qu’il soit, pour parvenir à cet état ultime de Midi le Juste, lieu de l’équilibre, de l’équité, de l’harmonie, dans lequel se pressent ce qui est bien et juste, se vit ce qui est beau. Cet état ultime, comment le décrire, à partir de l’expérience. Ce n’est pas, comme on pourrait l’imaginer, un état d’exaltation, non, loin de là même. Pour ce que j’en ai éprouvé, le mot qui me paraît juste est le mot « simple » : une identité simple. L’amour, à cet instant, est sans pourquoi.

On nait -est- dans la chose en soi

La nuit, nous le voyons mes frères, détruit et renouvelle ; c’est ainsi qu’elle crée. Elle est commencement, elle initie le mouvement. Dans ce mouvement, du jour né de la nuit toujours recommencée, nous faisons de l’épars l’union ; c’est la Totalité réalisée. Mais on n’a rien sans rien, si vous me passez l’expression. A l’initiale, il y a la vibration, le souffle, le « pneuma », comme disaient les Grecs, le corps igné ; à l’initiale du mouvement, il y a l’amour.

Un présent

A ce niveau, l’Amour n’a pas d’attributs.Il ne possède ni passé ni futur. Il est, comme le dit divinement Jiddu Krishnamurti, «  une présence d’illumination et d’universel ». C’est dans ce sens que j’emploie le mot lorsque je dis que VITRIOL exprime, à mes yeux, l’amour, indissolublement, de la mort et de la création. C’est l’amour de la Vie, dans sa totalité, l’amour de ce mouvement qui constitue la vie, l’amour qui crée et entretient un cycle sans cesse renouvelé, un processus d’éternité.

L'amour étoilé

La nuit, comme la mort, est la grande question : par l’amour, apprivoiser la mort, apprivoiser la nuit. C’est la recherche, difficile ô combien, en même temps qu’exaltante, qui se poursuit dans le Voyage en Orient, circombulation dans le Temple, sous la Voûte étoilée, voyage que nous réitérons sans cesse jusqu’à la fermeture des travaux.

Au coeur

VITRIOL, pour mot d’ordre, au cœur notre devise, c’est ainsi que je m’efforce de vivre, avec plus ou moins de réussite, ou de bonheur. Mais je n’imagine plus pouvoir vivre autrement.

Ange TORRE